OGM et santé

 
1. L’imprévisibilité des aliments transgéniques inquiète les personnes sujettes à des allergies

La susceptibilité aux allergies est déjà très présente dans nos sociétés actuelles ; ainsi l’on recense plus de 160 aliments qui auraient été associés à une réaction allergique. Il s’agit d’une réponse “anormale” du système immunitaire à certaines protéines spécifiques des aliments ou à des composants alimentaires inoffensifs.
En quoi les OGM vont-il amplifier ce risque ? La première source d’allergie possible est liée à l’insertion d’un gène qui synthétise une protéine, connue comme allergène. L’autre cause serait plus directement liée à la transgénèse, qui, de par son caractère aléatoire, pourrait engendrer la synthèse de protéines allergènes nouvelles. En outre, la simple modification de la structure des protéines résultant d’une perturbation du génome peut également se révéler allergène ; d’où la volonté actuelle de mettre en place un véritable réseau d’ “allergovigilance”, et une traçabilité totale pour remonter à la source en cas d’incident. Aux États-Unis, l’affaire du maïs Starlink a montré la nécessité d’une traçabilité des OGM -aujourd’hui encore impossible à assurer.


Le cas du Maïs Starlink

Cette variété de maïs a été créée par la société Aventis CropScience, entreprise multinationale franco-allemande. Il s’agit d’une variété produisant une protéine, appelée Cry9C, grâce à un transgène issu de la bactérie Bacillus thuringiensis, agissant comme un insecticide contre la pyrale. Cet OGM a été autorisé aux États Unis par la FDA (Food and Drug Administration) depuis 1998, pour l’alimentation animale et la production d’éthanol. Cependant, en raison de risques allergiques - cette protéine résiste à la dégradation des jus gastriques et à la chaleur -, ce maïs ne devait pas être commercialisé pour la consommation humaine. Or en septembre 2000, le GEFA (Genetically Engineered Food Alert) a découvert la présence de cet OGM dans différents produits alimentaires. Depuis la découverte de la contamination, 44 américains ont déposé des plaintes auprès de la FDA en raison de “ diarrhées, vomissements et rougeurs ” liés à l’ingestion de ces aliments. Suite à des tests, la FDA a conclu en juillet 2001 en l’absence de données satisfaisantes démontrant l’innocuité du Starlink ; en conséquence sa commercialisation pour la consommation humaine est actuellement toujours interdite.

2. De nombreuses plantes transgéniques contiennent des gènes de résistance aux antibiotiques

Les gènes de résistance aux antibiotiques qui existent dans les plantes transgéniques sont des gènes marqueurs qui n’ont qu’une utilité technique, celle de déterminer les cellules qui ont intégré le gène d’intérêt. Ces gènes de résistance aux antibiotiques sont transmis aux générations suivantes. Les spécialistes de santé publique craignent ainsi que la dissémination dans l’environnement sur des millions d’hectares de gènes de résistance à des antibiotiques (ampicilline et kanamycine) couramment utilisés en santé humaine et animale, ne favorise le développement de bactéries pathogènes résistantes aux antibiotiques dans le système digestif. Ce mécanisme peut ainsi être illustré par l’exemple concret des cotons transgéniques de Monsanto, contenant le gène “aad” résistant aux antibiotiques, qui serait à terme acquis par la bactérie responsable de la gonorrhée. Toutefois cette possibilité de transfert a été contestée dans un rapport d’experts de l’UE. La nouvelle directive européenne sur la dissémination des OGM 2001/18/CE prévoit l’élimination progressive de ces gènes de résistance aux antibiotiques d’ici décembre 2004 pour les OGM mis sur le marché et 2008 pour la recherche.

3. La toxicité des aliments génétiquement modifiés n’est pas complètement évaluée Les études toxicologiques sont effectuées lorsque “l’équivalence en substance” n’est que partiellement confirmée. Il s’agit de comparer les nouvelles protéines produites aux toxines connues afin de déterminer si le gène introduit code pour une toxine. Mais Bernard Kouchner, ministre français de la santé, estime que les recherches sur les conséquences en santé publique doivent être mieux évaluées - et ceci, dans le cadre du programme hospitalier de recherche clinique.

Les herbicides, les produits issus du métabolisme de ces herbicides dans la plante ou l’animal, et les adjuvants et leurs métabolites associés à ces herbicides, susceptibles d’être ingérés par les consommateurs, peuvent être reconnus comme toxiques. De même, le risque lié aux protéines insecticides produites par 28 % des OGM commercialisés dans le monde (variétés Bt) devrait être pris en compte. Le risque lié aux herbicides, via les OGM, est d’autant plus important que leur utilisation est exponentielle et bien plus conséquente que dans le cas d’une agriculture dite “traditionnelle”.


Plus ou moins d’herbicide avec les OGM ?

Selon le rapport du Dr Charles Benbrook, intitulé Troubled Times Amid Commercial Success for Roundup Ready Soybeans - www.biotech-info.net/troubledtimes.html -, en 1998, dans 16 États américains pratiquant la culture de soja, une quantité moyenne totale de 1,36 kg d’herbicide par hectare était appliquée sur du soja Roundup Ready, alors que 1,21 kg par hectare étaient appliqués sur des variétés de soja conventionnelles, ce qui représente 11,4 % de plus. Dans 6 États, notamment l’Iowa, qui représente un sixième des cultures américaines de soja, la quantité totale d’herbicides utilisée sur du soja Roundup Ready était supérieure d’au moins 30 % à la quantité utilisée sur des variétés conventionnelles. Cette quantité était légèrement inférieure dans 5 autres États.




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