Aucune étude pluriannuelle n'a, à ce jour, démontré de manière univoque de meilleurs rendements.
La Soil Association, une association britannique qui défend et promeut l'agriculture biologique, a analysé pendant six ans les cultures transgéniques et conclut que seul le maïs Bt a eu un
rendement meilleur (+2,6%), alors que pour le soja la baisse était de 5 à 10% et pour le colza de 7,5% (cf. ci-contre).
Si certaines PGM (Plantes génétiquement modifiées) - plantes Bt - permettent parfois de lutter plus efficacement contre un parasite, cet avantage en lui-même peut se retourner contre elles
(cf. l'environnement est-il touché par les OGM ?).
Autre problème : Les PGM métabolisant une nouvelle protéine, l'écologie globale de la plante est modifiée. Ainsi au Brésil, le soja RR résiste moins bien à la sécheresse que le soja conventionnel
(cf. Inf'OGM n°67) ; et en Inde, le coton Bt s'est révélé décevant pour nombre d'agriculteurs : leur coton GM produisait des
fleurs plus petites, moins nombreuses et avec moins de fils de coton. Leurs dépenses avaient également augmenté préalablement à la récolte des fleurs puisque les pieds de coton transgénique
s'étaient révélés plus sensibles à un insecte qui n'attaquait pas les plants de coton conventionnel. Les agriculteurs ont donc dû augmenter les quantités d'insecticides utilisés. (cf. Pourquoi les agriculteurs du Warangal sont en colère contre le coton Bt ?).
Et surtout comme le rappelle Alain Weil, chercheur au CIRAD, favorable à l'utilisation des PGM (sous certaines conditions) : "La seule conclusion [quant aux rendements stricto sensu], pour
l'instant, c'est qu'il n'existe pas de conclusion claire, et encore moins de conclusion qui soit extrapolable". (Cf. "Les OGM face aux réalités agricoles", par Olivier Blond, La Recherche -
1er novembre 2003)
D'une part, l'argument majeur des entreprises de biotechnologies est de dire que les agriculteurs utilisent moins d'insecticides car la plante (Bt) se défend elle-même.
Certes, l'agriculteur, dans un premier temps, fait une économie dans l'achat d'insecticide car la plante Bt produit des protéines insecticides (les protéines Cry), toxiques pour un certain nombre d'insectes nuisibles. Mais la toxine est malgré tout présente dans l'environnement. La plante l'exprime, la synthétise. Il n'y a pas a priori de réduction de l'insecticide. Au contraire. En effet, étant donné que la plante Bt, actuellement, produit dans toutes ces cellules et en permamence (ou presque) la protéine insecticide, il y a plus d'émission de toxine dans l'environnement que dans le cas d'un agriculteur qui répandrait cette même toxine en spray. A propos de la quantité de toxine émise par la plante, les chiffres varient énormément : Jean Pierre Berlan (Inra) parle de 10 à 100 000 fois plus qu'en spray, et B. Darvas (Institut de Protection des plantes de l’Académie des sciences hongroise) lui estime que dans le cas du maïs Dk-440-BTY, cela représente près de deux mille fois la quantité de toxine utilisée dans le cadre des traitements conventionnels. Et Sophie Galotti, de l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), précise que “chaque dossier est évalué au cas par cas. La quantité de protéine Bt exprimée dans une plante, sa présence dans les produits transformés etc... figurent dans le dossier transmis pour expertise à l’AFSSA. L’AFSSA ne réalise aucun dosage, dans quel que domaine que ce soit, pour les dossiers d’autorisation de mise sur le marché. Pour tous ces dossiers, les résultats des analyses sont produits par le pétitionnaire. Ces résultats, présentés avec les protocoles détaillés et les garanties d’assurance qualité et de bonnes pratiques expérimentales, sont examinés dans le cadre de l’expertise du dossier”.
Ainsi, les insectes ciblés sont exposés à une pression sélective plus importantes, donc mutent plus rapidement : la toxine Bt devient donc, à terme, inefficace. Ce mécanisme d'acquisition de résistance, propre au vivant, prend dans le cas des PGM une ampleur importante et d'ores et déjà documentée. Des résistances ont été observées en Australie, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde,...
Charles Benbrook, consultant sur les questions agricoles, a publié une étude basée sur les chiffres du Ministère états-unien à l'agriculture. Cette étude conclut que la hausse des volumes de pesticide pour les cultures de soja, maïs et coton a fortement augmenté entre 1996 et 2003. La culture du soja est majoritairement responsable de cette augmentation. Dans le domaine des insecticides, seules les cultures de maïs et coton ont permis une baisse des quantités d’insecticides utilisés. L’auteur précise que les quantités d’insecticides produites par la plante elle-même ne sont pas prises en compte. (Cf. Inf'OGM n°48 ou Biotech info).
La première remarque à faire est de bon sens : comment peut-on envisager qu'une entreprise qui vend deux produits, un herbicide et une plante tolérant ledit herbicide, vende le deuxième au détriment du premier. Le paquet plante GM + herbicide ne sert pas à réduire l'usage des herbicides mais à préserver un marché menacé par les herbicides génériques. La différence de pratique se situe donc entre des agriculteurs qui utilisaient différents types d'herbicides et des agriculteurs qui peuvent désormais utiliser le même, de façon systématique, sans menacer leurs cultures.
Un autre phénomène physique explique aussi l'augmentation des quantités d'herbicide. En effet, des entomologistes de l’Université Clemson (Caroline du Sud) ont observé dans une douzaine de champs une réapparition d’un insecte nuisible, l’anthonome du cotonnier, qui avait fait l’objet d’un programme d’éradication par l’Etat qui avait pris fin en 1995. Cette réapparition aurait comme cause l’utilisation de coton transgénique. En effet, les agriculteurs qui la première année ont cultivé du coton RoundUp Ready et qui l’année suivante, cultivent du Soja RR, voient apparaître des repousses de coton non désirées, sur lesquelles le RoundUp n’agit bien évidemment pas. Or, ces repousses “sauvages” de coton favorisent le développement de ce ravageur. Il faudra alors utilisr d'autres herbicides pour les elliminer.
Enfin, comme pour la cas des plantes Bt, les plantes GM tolérantes à un herbicide entraînent une plus forte pression sélective sur les plantes adventices, car l'agriculteur a tendance à utiliser en permanence le même herbicide. Or, pour détruire ces plantes devenues résistantes, il faut soit procéder à un arrachage manuel, soit utiliser des herbicides plus toxiques, généralement interdits, tels que l'atrazine. Cela peut aussi se produire dans le cas de plantes apparentées qui acquièrent par pollinisation croisée le transgène de la tolérance à l'herbicide. Benbrook précise que 20% de l'augmentation des herbicides est dû à l'acquisition de résistance. Il conclut son étude en affirmant que la culture de PGM induit une forte augmentation de la quantité des pesticides (cf. Inf'OGM n°58 ou Biotech info).
De même, une semence GM peut se mélanger (au cours du stockage ou dans le matériel agricole de semis) avec des non GM. Elle peut aussi tomber lors d'un transport ou être transportée mécaniquement (vent, animaux, pneus de véhicules, semelles de bottes...) : elle pourra alors germer sur un lieu géographique inconnu et donc non contrôlé.Les phénomènes de dissémination des transgènes peuvent aussi s'expliquer par les micro-organismes du sol qui ont la capacité naturelle d'intégrer des fragments d'ADN d'une plante dans leur génome, avec certes une probabilité faible, et donc d'en transférer à leur tour.
La réglementation doit donc statuer sur le phénomène dit de contamination, considérant que l'expression du transgène par une plante voisine après croisement ou après diffusion des semences est une contamination de l'environnement par les PGM. Mais à ce jour, ni la loi européenne, ni la loi française ne définissent un cadre juridique de responsabilité pénale en cas de contamination. Et les assureurs ne veulent pas assurer un risque dont la probabilité est encore inconnue...