Les OGM

Index:




1) Techniquement, c'est quoi les OGM?
2) Alors ça pousse mieux?

3) L'environnement est-il touché par les OGM?
4) Pourquoi parle-t-on de contamination






Techniquement c'est quoi les OGM



Une Plante Génétiquement Modifiée (PGM) est une plante dont le génome a été manipulé, par insertion d'un "gène" étranger ou suppression d'un gène "natif".


Ce gène, en permettant la synthèse d'une protéine que la plante n'aurait pas synthétisée naturellement, (ou en inhibant la synthèse d'une protéine naturellement présente) confère à la plante une nouvelle caractéristique souhaitée par les semenciers. Le gène d'intérêt intégré dans cette construction peut provenir d'autres organismes : bactéries, virus, levures, plantes ou animaux.


La fabrication de PGM a été rendue possible grâce aux progrès des techniques de biologie moléculaire au cours du dernier quart du XXème siècle. Le génie génétique permet d'intervenir directement sur la molécule d'acide désoxyribonucléique (ADN), support de l'information héréditaire pour l'ensemble des êtres vivants. L'ADN est la matière première des gènes.


La capacité d'isoler des gènes et de les transférer d'une espèce à une autre permet de produire des organismes vivants possédant une combinaison de caractères nouveaux qui n'auraient pu naturellement exister. Pour mieux comprendre la transgénèse, vous pouvez accéder à un schéma synthétique.


En 2006, le soja, le maïs, le coton et le colza transgéniques ont représenté 99 % des surfaces cultivées dans le monde. La tolérance aux herbicides - par exemple, un colza roundup ready tolère sans flétrir des doses létales de roundup - et la production d'insecticides par la plante (il s'agit des plantes Bt) constituent les caractères nouveaux conférés à la quasi-totalité des plantes transgéniques commercialisées dans le monde encore aujourd'hui. Le soja tolérant à l'herbicide est la première culture concernée, suivie par le maïs insecticide Bt. Les autres caractères cibles sont par exemple la résistance aux virus (tomate, tabac, courgette, haricot...) ou la richesse en acide laurique permettant d'améliorer la qualité de l'huile de colza. Toutes les autres modifications, telles la tolérance au sel, à l'aridité, l'amélioration gustative ou celle de la lignine des arbres, n'en sont qu'au stade expérimental et risque de le rester longtemps, car les gènes impliqués dans ces propriétés sont très nombreux. Pour connaître les surfaces cultivées dans le monde, cliquer ici.



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Alors ça pousse mieux?




La question des rendements est pour le moins délicate.


Aucune étude pluriannuelle n'a, à ce jour, démontré de manière univoque de meilleurs rendements.


La Soil Association, une association britannique qui défend et promeut l'agriculture biologique, a analysé pendant six ans les cultures transgéniques et conclut que seul le maïs Bt a eu un rendement meilleur (+2,6%), alors que pour le soja la baisse était de 5 à 10% et pour le colza de 7,5% (cf. ci-contre).


Si certaines PGM (Plantes génétiquement modifiées) - plantes Bt - permettent parfois de lutter plus efficacement contre un parasite, cet avantage en lui-même peut se retourner contre elles (cf. l'environnement est-il touché par les OGM ?).


Autre problème : Les PGM métabolisant une nouvelle protéine, l'écologie globale de la plante est modifiée. Ainsi au Brésil, le soja RR résiste moins bien à la sécheresse que le soja conventionnel (cf. Inf'OGM n°67) ; et en Inde, le coton Bt s'est révélé décevant pour nombre d'agriculteurs : leur coton GM produisait des fleurs plus petites, moins nombreuses et avec moins de fils de coton. Leurs dépenses avaient également augmenté préalablement à la récolte des fleurs puisque les pieds de coton transgénique s'étaient révélés plus sensibles à un insecte qui n'attaquait pas les plants de coton conventionnel. Les agriculteurs ont donc dû augmenter les quantités d'insecticides utilisés. (cf. Pourquoi les agriculteurs du Warangal sont en colère contre le coton Bt ?).


Et surtout comme le rappelle Alain Weil, chercheur au CIRAD, favorable à l'utilisation des PGM (sous certaines conditions) : "La seule conclusion [quant aux rendements stricto sensu], pour l'instant, c'est qu'il n'existe pas de conclusion claire, et encore moins de conclusion qui soit extrapolable". (Cf. "Les OGM face aux réalités agricoles", par Olivier Blond, La Recherche - 1er novembre 2003)


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L'environnement est-il touché par les OGM?







Sur le site de Monsanto France, on peut lire :

La biotechnologie végétale offre aux agriculteurs une solution pour faire face à ce problème sans imposer des pressions encore plus fortes sur les ressources naturelles. Elle contribue à la création d'une forme d'agriculture plus équilibrée, et plus respectueuse de l'environnement. L'utilisation croissante et non contrôlée de pesticides dans les cultures peut nuire à la qualité des eaux et à la faune sauvage. Ainsi, il semble intéressant d'améliorer les caractéristiques génétiques des plantes cultivées afin de leur permettre une meilleure protection intérieure et de rationaliser les épandages de pesticides. C'est pourquoi, les chercheurs ont développé ces plantes qui constituent un moyen de préserver l'environnement.
La réalité des PGM est plus contrastée.



D'une part, l'argument majeur des entreprises de biotechnologies est de dire que les agriculteurs utilisent moins d'insecticides car la plante (Bt) se défend elle-même.



Certes, l'agriculteur, dans un premier temps, fait une économie dans l'achat d'insecticide car la plante Bt produit des protéines insecticides (les protéines Cry), toxiques pour un certain nombre d'insectes nuisibles. Mais la toxine est malgré tout présente dans l'environnement. La plante l'exprime, la synthétise. Il n'y a pas a priori de réduction de l'insecticide. Au contraire. En effet, étant donné que la plante Bt, actuellement, produit dans toutes ces cellules et en permamence (ou presque) la protéine insecticide, il y a plus d'émission de toxine dans l'environnement que dans le cas d'un agriculteur qui répandrait cette même toxine en spray. A propos de la quantité de toxine émise par la plante, les chiffres varient énormément : Jean Pierre Berlan (Inra) parle de 10 à 100 000 fois plus qu'en spray, et B. Darvas (Institut de Protection des plantes de l’Académie des sciences hongroise) lui estime que dans le cas du maïs Dk-440-BTY, cela représente près de deux mille fois la quantité de toxine utilisée dans le cadre des traitements conventionnels. Et Sophie Galotti, de l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), précise que “chaque dossier est évalué au cas par cas. La quantité de protéine Bt exprimée dans une plante, sa présence dans les produits transformés etc... figurent dans le dossier transmis pour expertise à l’AFSSA. L’AFSSA ne réalise aucun dosage, dans quel que domaine que ce soit, pour les dossiers d’autorisation de mise sur le marché. Pour tous ces dossiers, les résultats des analyses sont produits par le pétitionnaire. Ces résultats, présentés avec les protocoles détaillés et les garanties d’assurance qualité et de bonnes pratiques expérimentales, sont examinés dans le cadre de l’expertise du dossier”.



Ainsi, les insectes ciblés sont exposés à une pression sélective plus importantes, donc mutent plus rapidement : la toxine Bt devient donc, à terme, inefficace. Ce mécanisme d'acquisition de résistance, propre au vivant, prend dans le cas des PGM une ampleur importante et d'ores et déjà documentée. Des résistances ont été observées en Australie, aux Etats-Unis, en Chine, en Inde,...


Charles Benbrook, consultant sur les questions agricoles, a publié une étude basée sur les chiffres du Ministère états-unien à l'agriculture. Cette étude conclut que la hausse des volumes de pesticide pour les cultures de soja, maïs et coton a fortement augmenté entre 1996 et 2003. La culture du soja est majoritairement responsable de cette augmentation. Dans le domaine des insecticides, seules les cultures de maïs et coton ont permis une baisse des quantités d’insecticides utilisés. L’auteur précise que les quantités d’insecticides produites par la plante elle-même ne sont pas prises en compte. (Cf. Inf'OGM n°48 ou Biotech info).



D'autre part, les PGM permettraient de réduire l'usage des herbicides.



La première remarque à faire est de bon sens : comment peut-on envisager qu'une entreprise qui vend deux produits, un herbicide et une plante tolérant ledit herbicide, vende le deuxième au détriment du premier. Le paquet plante GM + herbicide ne sert pas à réduire l'usage des herbicides mais à préserver un marché menacé par les herbicides génériques. La différence de pratique se situe donc entre des agriculteurs qui utilisaient différents types d'herbicides et des agriculteurs qui peuvent désormais utiliser le même, de façon systématique, sans menacer leurs cultures.


Un autre phénomène physique explique aussi l'augmentation des quantités d'herbicide. En effet, des entomologistes de l’Université Clemson (Caroline du Sud) ont observé dans une douzaine de champs une réapparition d’un insecte nuisible, l’anthonome du cotonnier, qui avait fait l’objet d’un programme d’éradication par l’Etat qui avait pris fin en 1995. Cette réapparition aurait comme cause l’utilisation de coton transgénique. En effet, les agriculteurs qui la première année ont cultivé du coton RoundUp Ready et qui l’année suivante, cultivent du Soja RR, voient apparaître des repousses de coton non désirées, sur lesquelles le RoundUp n’agit bien évidemment pas. Or, ces repousses “sauvages” de coton favorisent le développement de ce ravageur. Il faudra alors utilisr d'autres herbicides pour les elliminer.


Enfin, comme pour la cas des plantes Bt, les plantes GM tolérantes à un herbicide entraînent une plus forte pression sélective sur les plantes adventices, car l'agriculteur a tendance à utiliser en permanence le même herbicide. Or, pour détruire ces plantes devenues résistantes, il faut soit procéder à un arrachage manuel, soit utiliser des herbicides plus toxiques, généralement interdits, tels que l'atrazine. Cela peut aussi se produire dans le cas de plantes apparentées qui acquièrent par pollinisation croisée le transgène de la tolérance à l'herbicide. Benbrook précise que 20% de l'augmentation des herbicides est dû à l'acquisition de résistance. Il conclut son étude en affirmant que la culture de PGM induit une forte augmentation de la quantité des pesticides (cf. Inf'OGM n°58 ou Biotech info).


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Pourquoi parle-t-on de contamination?



Les Plantes Génétiquement Modifiées (PGM), comme toutes les plantes, se disséminent dans l'environnement par différentes voies (biologiques, mécaniques) et à différents stades (ensemencement, récolte, transport, stockage).



Cette dissémination naturelle se produit par exemple lorsqu'une plante émet du pollen et se croise avec une plante voisine. Ce pollen, porteur de tous les gènes de la plante contient donc également le transgène dans le cas d'une PGM. Après croisement, ce transgène peut être exprimé par une plante qui se trouvait à proximité du champ de culture alors qu'elle n'est pas supposée être transgénique.


De même, une semence GM peut se mélanger (au cours du stockage ou dans le matériel agricole de semis) avec des non GM. Elle peut aussi tomber lors d'un transport ou être transportée mécaniquement (vent, animaux, pneus de véhicules, semelles de bottes...) : elle pourra alors germer sur un lieu géographique inconnu et donc non contrôlé.Les phénomènes de dissémination des transgènes peuvent aussi s'expliquer par les micro-organismes du sol qui ont la capacité naturelle d'intégrer des fragments d'ADN d'une plante dans leur génome, avec certes une probabilité faible, et donc d'en transférer à leur tour.

 

La réglementation doit donc statuer sur le phénomène dit de contamination, considérant que l'expression du transgène par une plante voisine après croisement ou après diffusion des semences est une contamination de l'environnement par les PGM. Mais à ce jour, ni la loi européenne, ni la loi française ne définissent un cadre juridique de responsabilité pénale en cas de contamination. Et les assureurs ne veulent pas assurer un risque dont la probabilité est encore inconnue...


 

 

Les mesures à prendre pour éviter ces contaminations sont appelées mesures de coexistence.


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