
Le 8 mars est un jour comme les autres. Sauf que pour nous, femmes, est un jour où nous revendications sont dans la rue. Un jour de lutte, dans la lutte qui nous est quotidienne.
La précarité ne cesse d'augmenter. Nous le savons, nous en sommes conscientes car nous le vivons au jour le jour. Nous femmes travailleuses, nous femmes et mères de familles monoparentales, nous femmes exploitées, malmenées, victimes d'harcèlements dans notre lieu de travail.
Le 8 mars est, donc, pour nous le jour pour nous revendiquer des femmes : non, nous n'avons pas baissée la tête ; non, nous sommes encore et encore capables de lutter contre tant d'injustice : Contre le chômage, les contrats précaires, les harcèlements en tous genres, la pauvreté, les retraites de misère.
Cet année nous sommes obligées de constater que le droit à l'avortement (qui semblait un acquis obtenu après une longue et dure lutte) est un suspens. Oh, pour l'instant rien de trop grave : des médecins invoquant la clause de conscience et laissant des femmes dans la rue et sans savoir à qui s'adresser. Les Pouvoirs Publics qui ne remplissent leur fonction, en assurant que ces femmes gardent leurs droits et puissent avoir l'IVG sans avoir à s'expatrier : 50.000 femmes en France ; en Navarre, le gouvernement navarrais ne veut pas trouver un compromis et, donc, les navarraises doivent aller dans des autres Communautés pour pouvoir trouver des médecins prêts à leur aider. Un droit, peut-être, mais bafoué, comme tous les autres.
Nous avons étés témoins aussi des manifs (tant dans l'Etat espagnol que dans l'Etat français) contre l'IVG. Avec toujours la même rengaine : « Le nombre des IVG ne cesse pas d'augmenter, donc ce n'est pas la réponse. Et le droit à la vie, qu'en faisons-nous ? ».
Vieilles rengaines, ambiances surchauffés mais dans la même opacité. Des critiques qui n'analysent pas le fond du problème.
Si bien il est vrai que le nombre des IVG ont augmenté, il n'en reste pas moins vrai que, encore une fois, les Pouvoirs Publics (avec à sa tête, le Ministère de la Santé) n'ont pas rempli leur devoir. Nulle campagne n'a été menée auprès des jeunes femmes et hommes pour faire connaître les méthodes d'anti conception. Les meilleures pilules contraceptives ne sont pas remboursées ; les accouchements médicalisées = césariennes, péridurale aux produits toxiques, etc.
Alors que, dans le même temps, des sommes faramineuses ont étés dépensées pour emmener les jeunes femmes à se faire vacciner avec le vaccin HPV contre le cancer du col de l'utérus (remboursé par la Sécu, bien entendu). Nous craignons que, encore une fois, le Ministère de la Santé se soit embarqué dans une campagne pour un vaccin dont on finira par démontrer que finalement, il n'est pas efficace car son impact on ne le reconnaîtra que dans 15 - 20 années.
La vraie diminution du cancer est due au dépistage et à l'utilisation des préservatifs. On ne connaît pas le bénéfice que des fillettes de 11 - 13
ans vont tirer de cette vaccination dans la mesure où le cancer du col n'apparaît qu'entre 45 - 55 ans, soit 40 après. En attendant les Pouvoirs publics se livrent à des expérimentations
hasardeuses sur les corps des femmes et des jeunes filles. Les premiers résultats des vaccins contre le cancer du col de l'utérus: l'agence européenne du médicament a annoncé à la mi-janvier 2008
les décès en Allemagne et en Autriche de deux jeunes femmes de 16 ans et 18 ans de façon "subite et inexpliquée" suite à une vaccination contre le papillomavirus ,considérée comme outil de
prévention contre le cancer du col de l'utérus (ml - alternative santé n0 353 mars 2008)
Et que dire de « la mode » ? La mode qui est faite pour nous pousser à acheter de façon compulsive et au plus bas prix des vêtements
confectionnés par des enfants, des femmes sous- payées, nouveaux esclaves du XXIème siècle.
Nous avons de bonnes raisons de penser que ce 8 mars sera un jour pour se manifester. Un jour pour faire connaître la « Charte des Droits des Femmes », un jour pour crier haut et fort que nous avons des droits et qu'ils sont bafoués. Et pourtant combien nous avons gagné par rapport à nos mères et grands-mères !!! Mais de nouvelles formes de soumission, d'exploitation, de patriarcat sont nées au nom de la liberté
Nous appelons à la résistance, à la revendication tout azimut, ne laissons plus un mot, un acte passé sans dire, sans hurler, sans dénoncer.